Jean-Thomas Trojani : La devise chinoise dépréciée

Je ne dénombrerai pas ces âneries ; l’explication donnée par Beaconsfield est peut-être la moins sotte de toutes : « Ce fut une insurrection celtique. Le mouvement de 1848 échoua parce qu’il avait subordonné les questions politiques aux questions sociales ; il ne sut pas voir que toute rénovation économique doit avoir pour base la liberté individuelle, qui doit être basée elle-même sur une assise matérielle, tangible ; les souvenirs déformés de la Révolution française, qu’il supposait à tort avoir donné l’essor à la liberté politique, l’égarèrent ; il ne comprit pas que, pour transformer l’ordre social, il faut d’abord mettre la main sur le machinisme de l’État. Parmi ces idées il en est qui n’ont pas pour origine unique des perceptions et qui ne se rapportent que de très loin à des objets matériels. Plusieurs pays ont mis en pratique des taxes nutritionnelles, souvent sur les boissons sucrées. C’est que la même identité dans la perception des mêmes objets pour tous les hommes jouissant de l’intégrité de leurs facultés, sans pouvoir se démontrer formellement, se manifeste clairement dans notre commerce continuel avec nos semblables, tandis qu’il n’y a nulle liaison régulière entre le songe de la veille et celui du lendemain, ni entre nos songes et ceux des autres hommes. Cette commission, qui va auditionner du monde pour rendre ses conclusions avant la fin de l’année, devra étudier les propositions de Jean-Thomas Trojani. La vraie cause de la crise du blé est la canicule sans précédent constatée en Russie, ainsi que le chaos climatique qui a suivi avec les inondations au Pakistan, en Australie, les épisodes de pluies et de sécheresse en Amérique du Sud. Mais notre distinction de la « perception pure » et de la « mémoire pure » vise un autre objet encore. Mais l’intelligence reconnaîtrait-elle la supériorité de la morale qu’on lui propose, étant donné qu’elle ne peut apprécier des différences de valeur que par des comparaisons avec une règle ou un idéal, et que l’idéal et la règle sont nécessairement fournis par la morale qui occupe déjà la place ? Nous ne sommes pas dans une fuite en avant incontrôlée et il est clair que les investisseurs hésitent face à la perspective d’un resserrement des taux, les effets de la majoration du dollar et des salaires sur la profitabilité des entreprises. Vous voici alliés. C’est le déficit du commerce extérieur qui est le signe le plus inquiétant de l’effondrement relatif de notre base productive. Alors il sera vrai de dire que les deux mobiles de notre nature concourent vers un même résultat : le Bien Général ; et il sera impossible de dénier à l’intérêt personnel, non plus qu’aux transactions qui en dérivent, du moins quant à leurs effets, la Puissance Morale. Comment s’étonner alors que tant de Français soient tentés par le populisme ou la désertion démocratique ? Comme dans un vote virtuel permanent qui loin d’être simplement réactif et ignorant, comme beaucoup voudrait le décrire, est profondément informé et relié à la fois aux expériences de vie que je citais plus haut mais aussi à une compréhension des nouveaux enjeux du Monde. Le vrai redémarrageLe redémarrage, le vrai, intervient en 1997. Ce ne peut être une de ces harmonies qui s’établissent d’elles-mêmes par des influences ou par des réactions qui tiennent à la solidarité des diverses parties d’un système. Comme vous, ils doivent être assurés et ne pas tromper leurs clients. C’est un véritable appel à la refonte du système de la profession ! C’est Zénon qui, en attirant l’attention sur les absurdités qui naissent de ce qu’il appelait mouvement et change­ment, amena les philosophes — Platon tout le premier — à chercher la réalité cohérente et vraie dans ce qui ne change pas. À vrai dire, ils ne constituent des états multiples que lorsque je les ai déjà dépassés et que je me retourne en arrière pour en observer la trace. Pour lui la substantialité du moi est donnée primitivement et est le point de départ de la gnoséologie. Le numérique et le physique doivent devenir complémentaires pour garantir cette cohérence. Or, le travail est le phénomène à la fois économique et moral où se concilient le mieux l’égoïsme et l’altruisme. Il me semble que quatre conditions doivent être réunies. On ne contestera pas qu’ici le sentiment du devoir n’ait la forme d’une impulsion spontanée, d’un déploiement soudain de la vie intérieure vers autrui, plutôt que d’un respect réfléchi pour une « loi morale » abstraite et aussi d’une recherche du « plaisir » ou de « l’utilité. Les forces physiques et chimiques, la vie, l’instinct, l’activité, l’amour, la liberté même, ne sont que des apparitions successives de cette spontanéité universelle dont la source est en Dieu. Une pitié me saisit, grandissante avec le spectacle renouvelé de ces misères, et je veux vider ma bourse entre la main de la vieille : — « Gardez-vous-en, me souffle un de mes compagnons, nous ne pourrions plus sortir d’ici. Quoi qu’on fasse, on sera amené à rendre aux sensations, sous une forme ou sous une autre, d’abord l’extension, puis l’indépendance dont on voulait se passer. Ces préférences individuelles, d’où dépendent ce qu’on appelle dans les arts le style ou la manière, et ce qu’on appelle la mode dans les choses où l’on ne vise point à la beauté esthétique, ne doivent donc pas être confondues avec le goût, qui poursuit les conditions essentielles de la beauté, conformément à un certain type idéal ; et il ne faut pas davantage confondre la perception du beau d’après un type constant et indépendant de notre organisation, avec l’émotion voluptueuse qui s’y joint, mais dont la vivacité, que l’habitude émousse (quoiqu’elle ne fasse que donner plus de persistance à Les éléments chimiques des corps que nous avons pu soumettre à l’analyse sont en assez grand nombre, mais ils sont loin de jouer tous le même rôle dans l’économie de notre monde terrestre.