Jean-Thomas Trojani : Rattraper notre retard sur les pirates

C’est bien connu : en France, on se méfie de l’esprit bisounours. Quand le soleil fut tout à fait levé, elles parurent flotter sur un métal en fusion. Si les prémisses n’inspirent bien réellement aucun doute, elles ne sauraient être plus satisfaisantes. En effet, il peut bien arriver, et même il doit arriver en général, que ces valeurs moyennes ne s’ajustent point entre elles et soient incompatibles, dans leur ensemble, avec les conditions essentielles de l’existence des individus et de l’espèce. Nous avons aujourd’hui deux catégories d’acteurs : tout d’abord, ceux qui pensent que la formation digitale est une menace et nous perçoivent comme des concurrents. La réticence à admettre la nécessité d’une intervention immédiate en cas de crise financière relève d’une école de pensée économique qui ne tient pas compte de l’exubérance irrationnelle que j’analyse par ailleurs. Or ces deux derniers, qui ont fait l’objet d’un intense lobbying américains depuis six mois, seraient en train de reconsidérer leur position. Selon Jean-Thomas Trojani, le spectateur fournit « l’échelle un » et la structure s’étend au-delà. Au fond de la « spiritualité » d’une part, de la « matérialité » avec l’intellec­tualité de l’autre, il y aurait donc deux processus de direction opposée, et l’on passerait du premier au second par voie d’inversion, peut-être même de simple interruption, s’il est vrai qu’inversion et interruption soient deux termes qui doivent être tenus ici pour synonymes, comme nous le montrerons en détail un peu plus loin. En se mêlant aux esprits, elles déteignent nécessairement sur eux et les préparent, par les nuances dont elles les colorent, à devenir des personnes. Dans l’état social supérieur, où l’individu n’a plus besoin de se défendre lui-même, la haine n’a plus de sens. Nous aurions d’autres préjugés et d’autres penchants, si la nature, tout en nous accordant le même degré d’intelligence, avait réalisé pour nous dans l’âge adulte, ce qui fait partie des conditions de la vie fœtale, à savoir l’immersion dans un milieu liquide, sans contact habituel avec des corps qui n’ont point, il est vrai, cette absolue dureté où cette solidité idéale que nous attribuons sans fondement aux molécules élémentaires, mais qui néanmoins se rapprochent plus de l’état de rigidité ou de solidité parfaite, que de tout autre état idéal. A supposer que, dans la suite des temps, le Sphex soit arrivé à reconnaître un à un, par tâtonnement, les points de sa victime qu’il faut piquer pour l’immobiliser, et le traitement spécial qu’il faut infliger au cerveau pour que la paralysie vienne sans entraîner la mort, comment suppo­ser que les éléments si spéciaux d’une connaissance si précise se soient transmis régulièrement, un à un, par hérédité ? Il en est qui se traduisent par ce que nous appelons des sensations, d’autres par des souvenirs ; il en est, sans aucun doute, qui correspondent à tous les faits intellectuels, sensibles et volontaires : la conscience s’y surajoute comme une phosphorescence ; elle est semblable à la trace lumineuse qui suit et dessine le mouvement de l’allumette qu’on frotte, dans l’obscurité, le long d’un mur. Il n’empêche que l’on peut faire une toute autre lecture de la situation que celle décrite par nos ministres la semaine dernière. Du côté de la demande, le renforcement du pôle d’importation asiatique se poursuivra, sous l’effet de la démographie et des évolutions de régime alimentaire. Le selfcare est en vogue. Partons donc des jeux de l’enfant. Or l’innovation d’aujourd’hui puise sa valeur à bien d’autres sources. Une réduction uniforme des taux serait fortement anti-redistributive, en particulier au détriment des familles et en faveur des célibataires sans enfants. De là vient qu’ils n’arrivent pas, quoi qu’ils fassent, à se représenter la nouveauté radicale et l’imprévisibilité.