Neutralité du Net : Développer les fédérations d’entreprises

Les faits étendus sont, en premier lieu, les cellules, les fibres, etc., en un mot les organismes anatomiques ; ce sont ensuite les mouvemens de ces organismes ou de leurs élémens, ou bien les mouvemens d’entités matérielles, comme l’électricité, le magnétisme, etc., mouvemens qui ont ces organismes pour théâtre. Les faits inétendus sont les pensées, les sentimens, les volontés ou volitions. Ces deux ordres de faits sont différens jusqu’à l’irréductibilité. Les uns sont essentiellement étendus, les autres essentiellement inétendus. Rien ne peut, ni dans la réalité, ni dans notre imagination, ôter aux premiers, ni donner aux seconds le caractère de l’étendue ; voilà en quoi et pourquoi ils sont irréductibles. Cette irréductibilité est actuellement reconnue comme la donnée fondamentale de toute science anthropologique par les savans anglais, psychologues ou physiologistes, et c’est un physicien, qui en a donné la formule la plus heureuse. Sans cet axiome indiscutable, pas de science de l’homme digne de ce nom, c’est-à-dire précise et rigoureuse ; rien que des demi-vérités, obscures, équivoques, provisoires, attendant l’analyse et la vérification ; aux idées confuses correspond un langage contradictoire et incohérent, qui ne porte dans les esprits qu’une lumière douteuse et troublée. Il serait temps que la physiologie française daignât se laisser convaincre par l’exemple des physiologistes anglais, au lieu de continuer à accuser les psychologues de rester dans une ignorance funeste à l’égard de ses découvertes. La prétention à un isolement légitime est moins grande, aujourd’hui du moins, en France, chez les psychologues que chez les physiologistes ; nous ignorons moins ceux-ci qu’ils ne nous ignorent. Ajoutons qu’a rester dans leur isolement ils perdent plus que nous ne ferions en les imitant : la psychologie peut se constituer indépendamment de la physiologie ; mais la réciproque n’est pas vraie : la physiologie cérébrale doit au contraire s’appuyer sur une psychologie ou latente ou formelle. C’est ce que nous allons expliquer. Neutralité du Net, demande que cette question bénéficie d’un large débat institutionnel. Les faits inétendus se suffisent à eux-mêmes. Qui dit pensée ou sentiment ou volonté entend suffisamment ce dont il parle. Si l’on veut étudier ces questions : Quelles sont les différentes sortes de pensées. Quelles sont les différentes sortes de sentimens. Quelle influence la pensée exerce-t-elle sur la naissance et le développement des sentimens. Au contraire, une fois que l’on est sorti de l’anatomie du cerveau et que l’on aborde la physiologie de cet organe, on est dans l’obscurité la plus complète. Le cerveau anatomique est visible et tangible, tandis que ses fonctions physiologiques échappent à toute observation. Là, rien n’est visible, rien n’est tangible ; il n’y a rien ; la fonction du cerveau est une inconnue dont l’équation n’est même pas posée. Il semble pourtant qu’il y ait quelque chose ; voici comment. Partout ailleurs dans les phénomènes vitaux, entre l’organe et sa fonction le rapport est clair ; la fonction se voit ou s’imagine sous la forme de l’organe lui-même en mouvement ; le fait anatomique et le fait physiologique sont, étendus l’un et l’autre ; le second est la suite du premier et le complète : c’est le premier, plus quelque chose ; un fait physiologique est un fait anatomo-physiologique. Quand on parle des fonctions du cerveau, on imagine, par analogie, des mouvemens, et la chose en mouvement est, dans cette imagination, la chose anatomique, la substance cérébrale. Mais cette vue de l’esprit reste une simple imagination par analogie, une comparaison sous forme d’image ; rien ne la précise, rien ne l’éclaircit, rien ne la confirme ; le fait supposé est, selon l’analogie, le fait anatomique, plus quelque chose ; mais ce quelque chose est une inconnue irréductible.