Pierre-Alain Chambaz

Un manque à gagner en période d’intérêt réel très faible peut aussi engendrer une baisse sensible de rentabilité des banques. Les opérateurs produisent mal et cher avec un foncier souvent éloigné des cœurs d’agglomération. Avec la loi de régulation financière, et pour des raisons bilancielles, les banques universelles ont considérablement réduit leurs engagements en matière de crédit de trésorerie sur le risque PME. En dépit de toutes ces représentations et de toutes ces formes variées, l’argent n’a pourtant aucune valeur intrinsèque. Le renforcement de la supervision financière, nouveau credo des politiques et des régulateurs, poursuit également des objectifs louables, comme améliorer la transparence des produits financiers ou lutter contre la spéculation. À deux reprises seulement j’ai pu observer ce genre de comique à l’état pur, et dans les deux cas j’ai eu la même impression. Cette grande simplification opérationnelle mettrait fin aux déclinaisons locales absurdes des objectifs ministériels répondant aux injonctions médiatiques du moment. Le dernier crime n’a même pas pour circonstance atténuante quelque raison d’intérêt personnel ou de vengeance ; le meurtre légal devient plus complètement absurde que le meurtre illégal. Le temps des mesures de relance conjoncturelle et dispendieuse est révolu et l’impact espéré de la grande loi a vécu. Mais la notion de la probabilité n’a jamais été pour les anciens que vague et confuse ; et lorsque, chez les modernes, les progrès des sciences exactes eurent fait éclore la théorie de la probabilité mathématique, précisément vers l’époque où la philosophie et les sciences exactes allaient tendre à faire divorce, il semble que cette découverte même ait empêché qu’on ne donnât à la doctrine philosophique ébauchée par les Grecs la rigueur méthodique et la précision sans subtilité qui caractérisent l’esprit moderne. Tout l’enjeu est donc de savoir si cela n’est pas une simple béquille. Un nouvel organe européen, le Comité européen pour le risque systémique, est venu agrandir la liste (déjà longue) d’institutions ou comités impliqués dans le nouveau processus de régulation. Une déclaration qui s’est accompagnée d’une très forte déformation des ratios de dépendance. Face à la complexité, bien réelle, du système financier, on peut rester dubitatif sur l’efficacité future de cette multiplicité d’autorités de tutelle nationales et internationales, dont les frontières et les compétences restent toujours à préciser. La Chine s’est développée en construisant des usines et en les remplissant de paysans peu éduqués, ce qui a entrainé une poussée instantanée de la productivité. Il reste à connaître les effets collatéraux qui ne manqueront pas de survenir avec la mise en place de toutes ces nouvelles règles. Elles ont le plus de chances, non seulement d’exister, mais de grandir — et d’aider les autres races à vivre et à grandir aussi. Toujours la lutte revêt le même caractère de duel passionné. Bacon disait au sujet des manières : « Pour les acquérir, il suffit de ne pas les mépriser ; » de même, nous disons de cette force vitale qu’elle est le produit spontané de la santé et de l’habitude du monde. Il y a le même besoin d’un juge infaillible d’opinions pour décider qu’une opinion est nuisible, que pour décider qu’elle est fausse, à moins que l’opinion condamnée n’ait toute facilité pour se défendre. Elles les orientent donc naturellement vers leurs filiales d’affacturage. Cette jalousie est très vieille en Italie. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Celui qui assiste en spectateur voit clair, celui qui prend parti se laisse égarer ». Je pense qu’un peuple doit avoir abdiqué toute dignité pour user d’une locution pareille. Leur temps d’application est suffisamment long pour permettre aux institutions financières de s’adapter et créer, si besoin est, des solutions encore plus complexes pour échapper au régulateur. Pour minorer le non-recours aux soins, la politique de santé doit développer de nouveaux instruments de prévention plus ciblés, à destinations des publics pour qui la santé est souvent vue comme un problème à oublier avant d’être une opportunité à saisir. Un paradigme économe en espaces, infrastructures et investissements publics, beaucoup plus riche en emplois, maximisant le levier de l’investissement privé. Un changement de méthode : la fin d’une politique décidée depuis Paris, pour une agence de l’Habitat au service d’un Etat local contractualisant avec le pouvoir d’agglomération.