Pierre-Alain Chambaz

Quand nous replaçons notre être dans notre vouloir, et notre vouloir lui-même dans l’impulsion qu’il prolonge, nous comprenons, nous sentons que la réalité est une croissance perpétuelle, une création qui se poursuit sans fin. Des cellules nerveuses apparaissent, se diversifient, tendent à se grouper en système. Mais le son resterait qualité pure, si nous n’y intro­duisions l’effort musculaire qui le produirait, ou la vibration qui l’explique. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler cette maxime de Léonard de Vinci  » D’une chose légère peut naître un grand désastre « . Le temps ne serait-il pas cette indétermination même ? Le jeune homme maigre était un propriétaire de la Basilicate, le vieux monsieur à moustaches roulées un commandant d’infanterie, qui se rendait à Tarente. Ils se rejoignent, et lui composent une physionomie qu’on interprétera sans peine. Si, par exemple, chaque observateur se trompe une fois sur cinq, ou si la chance d’erreur est un cinquième, il arrivera dix-sept fois sur vingt-cinq que les deux observateurs tomberont d’accord dans leurs pronostics ; et le dépouillement du registre devra donner sensiblement ce rapport de dix-sept à vingt-cinq, toutes les fois qu’il comprendra une série assez nombreuse d’observations pour que les irrégularités fortuites se compensent sensiblement. Fait remarquable, là où différents credos s’épanouissent côte à côte, les transfuges sont méprisés même du parti dont ils embrassent la foi, tant l’idée de loyauté féodale a remplacé l’ardeur pour la vérité. D’où la difficulté de procéder à des réformes. Entre Orléans et Angoulême, il s’accomplit un certain nombre de transactions. Qu’on voie dans l’étendue un cadre tout prêt à recevoir les sensations ou un effet de la seule simultanéité de sensations qui coexistent dans la conscience sans se fondre ensemble, dans un cas comme dans l’autre on introduira avec l’étendue quelque chose de nouveau, dont on ne rendra pas compte, et le processus par lequel la sensation rejoint l’étendue, le choix par chaque sensation élémentaire d’un point déter­miné de l’espace, demeureront inexpliqués. Les chiffres le montrent, elle est trop franco-française. Travaillez plutôt pour ces choses que les divinités honorent et favorisent — la justice, l’amour, le savoir, l’utilité commune. Ainsi des parties différemment situées, différemment constituées, accomplissant en temps normal des fonctions différentes, sont capables de faire les mêmes suppléances et de fabriquer, quand il le faut, les mêmes pièces de la machine. Même l’anglais, une des attraits des Philippines, n’est pas ce qu’il devrait être. En France, en Italie, les fermetures d’entreprises créent de grandes zones de désespoir. Ce qui la distingue, elle image présente, elle réalité objective, d’une image représentée, c’est la nécessité où elle est d’agir par chacun de ses points sur tous les points des autres images, de transmettre la totalité de ce qu’elle reçoit, d’opposer à chaque action une réaction égale et contraire, de n’être enfin qu’un chemin sur lequel passent en tous sens les modifications qui se propagent dans l’immensité de l’univers. Il est large, à ce qu’il me semble, comme une de nos petites rivières à une seule arche et sort d’une ouverture en demi-cercle au milieu du grand fleuve éteint. Mais, une demi-heure plus tard, mon ami, qui venait de s’avancer sur le balcon, m’appela : « L’Etna en feu ! De sorte qu’en définitive notre science tend toujours au mathématique, comme à un idéal : elle vise essentiel­lement à mesurer ; et là où le calcul n’est pas encore applicable, lorsqu’elle doit se borner à décrire l’objet ou à l’analyser, elle s’arrange pour n’envisager que le côté capable de devenir plus tard accessible à la mesure. Elle ne serait tout à fait convaincante que si celui-ci était arrivé par une autre voie, telle que l’expérience sensible et le raisonnement fondé sur elle, à envisager comme vraisemblable l’existence d’une expérience privilégiée, par laquelle l’homme entrerait en communication avec un principe transcendant. Nous savons infiniment mieux l’état vrai de l’opinion, les besoins, les vœux des gens des campagnes et de nos concitoyens, tandis qu’avec des chambres permanentes et des députés ou sénateurs obligés de vivre toute l’année dans les capitales, l’opinion publique n’est qu’un argument, que tout le monde invoque, et dont personne n’est sûr.